Affaire Akerlsten

La presse consacre de très longs développements à la secrétaire générale du Parti modéré, Sofia Arkelsten, à laquelle il est reproché d’avoir, alors qu’elle était la porte-parole de son parti pour les questions environnementales, accepté un voyage d’étude en France payé par la compagnie Shell. « Elle n’en était pas à son coup d’essai », écrit Aftonbladet. « En 2008, elle avait participé, à l’invitation de l’organisation Forum pour l’énergie et la croissance (un lobby chargé de défendre les intérêts des géants suédois de l’énergie), à une visite du chantier de la centrale Olkiluoto, en Finlande ». « En juin de l’année dernière, le Riksdag décidait l’abrogation de la loi interdisant la construction de toute nouvelle centrale nucléaire. Sofia Arkelsten faisait partie des votants », conclut le quotidien. « En outre, elle a à plusieurs reprises, tant sur son blog qu’au cours de débats au Parlement, écrit ou dit du bien de Shell », explique Expressen.

« Comment peut-on être assez naïve pour croire que ce genre d’invitations n’a pas de contrepartie ? », estime l’éditorialiste d’Expressen. « Le comportement d’Arkelsten et de Shell constitue une atteinte à l’un des fondements de notre démocratie : l’attention et le temps des politiques ne peuvent être achetés par des faveurs ou des cadeaux », écrit pour sa part le commentateur de Dagens Nyheter. Les élus du peuple doivent faire preuve d’une prudence toute particulière, écrit en substance Svenska Dagbladet : « Tout comme les juges, le marge d’appréciation dont ils disposent pour décider s’ils peuvent, ou non, accepter telle ou telle faveur est extrêmement limitée ». « Les parlementaires disposent d’une enveloppe pour financer ce type de déplacement. Or, il apparait que Sofia Arkelsten n’a pas épuisé les crédits dont elle disposait à ce titre », estime l’éditorialiste politique vedette d’Aftonbladet. Ceux qui ne comprennent pas qu’un élu doit renoncer aux voyages que leur offrent grandes entreprises et groupes d’intérêt ne sont pas dignes d’être député. C’est aussi simple que ça, et c’est pourquoi Sofia Arkelsten devrait démissionner ».

« Il s’agissait d’un voyage d’étude effectué alors que j’étais députée. J’avais alors estimé, et tel est toujours mon sentiment, qu’il me fournissait une occasion unique de participer à un séminaire auquel se rendraient des experts du monde entier. Un tel déplacement me semblait être compatible avec mon mandat électoral, et il me paraissait alors normal que l’organisateur prenne à sa charge les frais afférents. Je conteste vivement l’idée que ce type de voyage d’étude ait pu de quelque façon altérer ou influencer mon jugement sur les questions environnementales », a déclaré Sofia Arkelsten dans plusieurs interviews données à divers quotidiens.

Modifié le 28/10/2010

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