Budget 2011 présenté au parlement suédois

Principales dispositions

La presse reprend les principales mesures contenues dans le projet de budget présenté hier par le Ministre des Finances Anders Borg. Applicables dés l’année prochaine : la baisse de l’impôt frappant les pensions (qui permettra, estime Dagens Nyheter, à un retraité « moyen » d’économiser au moins 2 200 couronnes par an) et une augmentation de l’allocation mensuelle gouvernementale (en partie remboursée par son bénéficiaire, une fois celui-ci entré dans la vie active) versée à tout étudiant suédois. Prévues pour 2012, estime Svenska Dagbladet : la hausse des taxes frappant la vente de boissons alcoolisées et le tabac (« afin de financer les baisses d’impôts décidées par ailleurs »), une augmentation de la part de l’allocation logement basée sur le nombre d’enfants, et l’introduction d’une prime à l’achat de « voitures vertes ». Enfin, pourraient être mises en œuvre à l’horizon 2013-2014, « si la situation économique le permet » : une réduction de l’impôt sur le revenu, ainsi qu’un relèvement de la tranche d’imposition donnant lieu à un paiement en faveur de l’Etat (Ndr : en Suède, l’essentiel des ressources tirées de l’impôt sur le revenu est versé aux collectivités locales . Seuls les plus « riches » contribuent, par le biais de l’IR, au financement du budget national).).

++++ Réactions

« Borg met en œuvre le programme électorale de l’Alliance » constate Svenska Dagbladet (SvD). Le problème, estime le quotidien, est que « diminuer la pression fiscale sur les retraités ne crée pas plus d’emplois », ce qui « est pourtant supposé être la ligne directrice d’un projet de budget, par ailleurs trop peu ambitieux ». En outre, « l’extrême prudence du ministre dénote un certain manque d’intérêt pour la poursuite des réformes structurelles de l’économie suédoise » écrit Dagens Nyheter (DN). Expressen ironise sur la ressemblance entre Borg et Naf-naf, le cochon raisonnable des Trois petits cochons. Si son sens pratique (« un trait caractéristique de la mentalité suédoise ») a toujours rendu service à la Suède », l’ « originalité lui fait défaut », d’autant plus qu’il a « les moyens de faire beaucoup plus en matière de réformes ».

Un budget qui ne fait pas, de surcroît, l’unanimité à droite, constate SvD. Ainsi, pour les chrétien-démocrates, il faudrait avant tout « diminuer les impôts sur bas-salaires et faciliter la vie des PME » tandis que les libéraux souhaitent « réduire la pression fiscale sur les hauts revenus pour que les plus aisés ne soient pas tentés de quitter la Suède dans le but d’échapper à une pression fiscale trop forte ». Le Centre, quant à lui, souhaiterait « diminuer les charges patronales ».Ces divergences sont critiquées par Thomas Östros, le porte-parole des questions économiques au PSD qui compare la politique fiscale du gouvernement à « un fromage suisse, plein de trous. La Suède aurait besoin d’une refonte approfondie de son système fiscal, ce qui n’est pas prêt d’arriver » estime-t-il.

++++ Budget pour la culture

Svenska Dagbladet rapporte que le soutien de l’Etat à la culture pour 2011 sera le même que l’année précédente : 6 488 millions de couronnes (0,8% du budget total). Une grande partie de cet argent sera consacré à la réforme « Skapande skola » (l’école créatrice) qui, à partir de 2011, sera introduite dès les premières années d’enseignement. Il s’agit de différentes « expériences culturelles » dont pourront bénéficier les élèves suédois. Le Musée national et l’Opéra recevront par ailleurs 107 millions de couronnes pour réaliser des travaux d’entretien.

Sur le même thème : revue de presse du 12 octobre.

Modifié le 13/10/2010

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