Législatives 2010

- Campagne électorale

Les deux candidats au poste de Premier ministre, Fredrik Reinfeldt (actuel titulaire de la charge) et Mona Sahlin (chef du parti social-démocrate), ont prononcé ce week-end leurs discours de rentrée respectifs. En vedette américaine : les retraités, les deux leaders ayant en effet promis une réduction des impôts payés sur les pensions : « 9 milliards au cours de la prochaine législature », déclare Fredrick Reinfeldt. « 17,5 milliards », annonce Mona Sahlin. « Nous ferons tout pour mettre fin à cette injustice. Il n’y a aucune raison pour que les retraités paient plus d’impôts que les actifs » », à poursuivi la dirigeante sociale-démocrate, tandis que le responsable des Modérés promettait par ailleurs de nouvelles réductions d’impôt sur les salaires. « Des engagement qui ne deviendront définitifs que si les finances publiques le permettent », a-t-il toutefois rajouté.

« Reinfeldt a le vent en poupe », estime l’éditorialiste de Svenska Dagbladet. « Il a fait preuve d’une remarquable confiance en soi », ajoute Aftonbladet, « porté par les sondages qui continuent à pronostiquer la victoire de l’Alliance ». « Il nous a refait le coup du "tout va très bien madame la Marquise", alors que, dans le même temps, le chômage atteint des niveaux record et que la pauvreté augmente », estime un éditorialiste dans le même quotidien. « La droite est crédible sur les questions d’emploi, mais souffre encore d’un déficit d’image dés que l’on parle santé, personnes âgées ou éducation. Comment Fredrik Reinfeldt compte-t-il combler ce déficit : le discours de samedi, qui a beaucoup insisté sur les réductions d’impôt, ne permet pas de répondre pleinement à cette question ».

« Mona Sahlin avait choisi de parler idéologie », écrit Aftonbladet. « et a opposé la défense du modèle suédois à la politique de baisse des impôts à tout prix défendue par l’actuelle majorité ». « Ils n’ont eu que ce mot là à la bouche. Rien ne compte davantage à leurs yeux, ni le chômage des jeunes, ni l’exclusion des personnes malades, ni l’accroissement des inégalités », a déclaré Mona Sahlin. « Est-ce vraiment la Suède que nous désirons ? Est-ce le pays dans lequel nous voulons vivre ? Non, mille fois non ! », a-t-elle ajouté. « Mona Sahlin n’a au bout du compte parlé que du programme de l’Alliance. Peut-être est-ce une bonne méthode lorsque l’on cherche à diaboliser l’adversaire. Mais son discours manquait tout de même singulièrement de nouveauté », écrit une éditorialiste du quotidien social-démocrate. « Elle a clairement essayé de montrer à tous ceux qui en doutent qu’il existe une différence nette entre la droite et la gauche », estime le commentateur de Dagens Nyheter. « Mais peut-on vraiment rester crédible, et critiquer les baisses d’impôts du gouvernement tout en proposant une réduction de la fiscalité ? », s’interroge pour sa part un analyste dans le même journal.

- Sondage

« 48,6 % pour la droite, 45 % pour la gauche », indique Svenska Dagbladet. « Faible avance pour l’Alliance. Trop faible pour être certaine ». A noter : « La remontée des petits partis de droite, tous au dessus de 5 %, et l’affaiblissement de La Gauche (ex-communiste), légèrement au dessus da la barre des 4 % ». « On remarque également le redressement des Sociaux-démocrates parmi l’électorat des grande villes : 25 %, au lieu de 20 % dans la précédente enquête », commente le rédacteur. 14% des personnes interrogées se disent indécises ou ne souhaitent pas aller voter. « Sur ces 14 %, on peut estimer qu’au moins la moitié ne se rendra pas aux urnes. Soit quelques 400 000 abstentionnistes ».

Modifié le 16/08/2010

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