Séminaire franco-suédois sur les bonnes pratiques de l’intégration [sv]

Les enjeux de la crise migratoire - et singulièrement les défis liés à l’intégration des réfugiés - continuent de dominer l’actualité suédoise. A l’initiative de l’ambassade, un séminaire franco-suédois a été co-organisé avec le think-tank Global Utmaning le 7 mai sur l’intégration des réfugiés. L’objectif : mettre en lumière les bonnes pratiques en la matière dans les deux pays.

En introduction, l’ambassadeur Jacques Lapouge a souligné la proximité des valeurs entre la France et la Suède en matière d’asile et la nécessité de coopérer face à cet enjeu commun. Il a rappelé les exigences du modèle républicain d’intégration, présenté les enjeux (logement, emploi, éducation, langue, inclusion sociale) et a mis en avant les mesures prises en France pour mieux insérer les réfugiés.

JPEG Anders Kessling

Anders Kessling, secrétaire d’Etat auprès de la ministre en charge de l’emploi et de l’intégration, a rappelé l’ampleur de la crise migratoire qui a touché la Suède en 2015 et a présenté les défis de l’intégration : logement (243/290 municipalités manquent de logements), éducation (niveau d’études relativement faible des nouveaux-arrivants) et emploi (taux d’emploi de 58 % pour les réfugiés). En réponse, des mesures ont été prises avec par exemple la mise en place du programme d’intégration au marché du travail.

Charlotte Schneider, responsable du projet Migrants et réfugiés à la ville de Paris, a présenté un défi majeur pour Paris : gérer l’urgence humanitaire des migrants arrivant dans la capitale. En l’absence de plan national de répartition, Paris et sa banlieue accueillent 1/3 des migrants et réfugiés en France. Pour l’intégration, des projets concrets ont été financés tels que les formations linguistiques professionnelles. Paris a de solides atouts : une volonté politique en faveur de l’inclusion sociale et une vision globale des enjeux grâce aux bonnes relations à la fois avec l’Etat et avec les associations de terrain.

JPEG De gauche à droit : modérateur Alexander Crawford, Charlotte Schneider, Maureen Hoppers och Patrik Derk

Les intervenants suédois ont souligné la pertinence de l’approche « bottom-up ». Patrik Derk, directeur administratif du district Rinkeby-Kista, est revenu sur son expérience à Södertälje. A la tête de la société municipale de logement, il avait créé l’initiative « Hovsjöbyggarna » qui offre formation et emploi dans la société aux habitants des quartiers. La clé du succès est, pour M. Derk, l’accent porté sur le niveau local. Maureen Hoppers a présenté l’initiative « ouvrez la porte » (ÖppnaDörren) dont elle est directrice de la communication. Cette initiative vise à l’amélioration de l’inclusion sociale des personnes nées à l’étranger (ou de 2ème et 3ème générations), en mettant l’accent sur le recrutement des talents. Il s’agit de les aider à créer les réseaux pour accéder à l’éducation supérieure et à l’emploi

Fredrik Jurdell, directeur adjoint de la ville de Stockholm, a rappelé que la Suède avait déjà réussi à faire face à des afflux importants dans les années 1990. Sachant qu’elle doit accueillir de 12 000 à 14 000 personnes entre 2015 et 2017, la ville prévoit des logements temporaires. Indissociable de l’enjeu de logement, le premier défi à relever est sans doute celui de l’emploi, selon M. Jurdell : c’est ainsi que les réfugiés peuvent acquérir leur indépendance pour accéder d’eux-mêmes à un logement permanent.

JPEG De gauche à droit Alexander Crawford, Mo Sarraf, Vincent Berne och Fredrik Jurnell

Vincent Berne de l’association française SINGA, a présenté le programme CALM, une plateforme de cohabitation entre migrants et locaux créée en 2015 (400 cohabitations à ce jour). Répondant notamment à la difficulté pour les hommes seuls de se loger, cette solution permet aussi d’accélérer l’intégration professionnelle, sociale et linguistique.

Pour Mo Sarraf, chercheur à l’université d’Uppsala et urbaniste, le concept d’inclusion sociale est primordial : l’espace urbain doit encourager la mobilité entre les quartiers et les échanges entre les personnes.

Les bonnes pratiques à retenir

Selon Charlotte Schneider, les bonnes pratiques de Paris à valoriser sont la collaboration active entre la municipalité et la société civile, ainsi que la combinaison des approches « bottom-up » et « top-down ». Fredrik Jurdell a vanté les mérites du système de répartition nationale des réfugiés entre les municipalités, pour alléger la charge de certaines villes et améliorer le parcours d’intégration.

A l’issue du séminaire, un déjeuner à la Résidence de France a permis de poursuivre l’échange. La question du logement a retenu l’attention : le directeur adjoint de la ville de Stockholm a ainsi manifesté un vif intérêt pour le système de logement social en France.

Modifié le 31/07/2017

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