Soutien de la communauté internationale aux Etats sahéliens : éléments sur le sommet de N’Djamena (15-16 février 2021) [sv]

Alors que la France et la Suède renouvellent les modalités de leur coopération au Sahel, notamment dans le domaine militaire, l’effort de la communauté internationale dans la région sera mis en valeur à l’occasion du sommet du « G5 Sahel », qui s’est tenu les 15 et 16 février à N’Djamena.
Quelques éléments pour mieux comprendre dans quel cadre s’est déroulé cet événement :

1- Contexte général

Il y a un peu plus d’un an, le 13 janvier 2020, un sommet exceptionnel s’est tenu à Pau (France) pour repenser la stratégie de la communauté internationale face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire au Sahel.

A cette occasion, les chefs d’Etat de la France, des cinq Etats membres du « G5 Sahel » (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), les plus hautes instances de l’ONU, de l’UE et de l’Union africaine ont décidé le lancement de la Coalition pour le Sahel.

Une nouvelle étape a été franchie le 28 avril 2020, lors d’un sommet réunissant Union européenne et pays du G5 Sahel. A cette occasion, les membres du Conseil européen ont convenu de poursuivre les efforts conjoints afin d’élargir la Coalition pour le Sahel à d’autres partenaires internationaux. Acte de solidarité à l’égard des États sahéliens, ce soutien international est conditionné au respect des engagements pris par les Etats sahéliens.

C’est dans le cadre de la Coalition pour le Sahel que se déploie aujourd’hui l’action du G5 et de ses soutiens internationaux, y compris ceux des Etats associés directement à l’opération Barkhane et à la Task Force Takuba : la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la République tchèque, l’Estonie, l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, le Canada, et désormais – et de façon déterminante - la Suède. Ces Etats seront rejoints dans les tous prochains mois par d’autres participants.

2- La Coalition pour le Sahel est fondée sur 4 piliers complémentaires

La Coalition pour le Sahel a vocation à coordonner l’ensemble de l’action internationale, qui est aussi importante dans les domaines du développement, de la gouvernance, et de la sécurité intérieure, que dans le domaine militaire. Elle est fondée sur 4 piliers :

Pilier 1 : lutter contre les groupes armés terroristes

Cette lutte est le fruit d’un effort conjoint menés par les armées africaines et la force conjointe du G5 Sahel (FCG5S), avec leurs partenaires internationaux – Barkhane, MINUSMA, Task Force Takuba – prioritairement dans la zone des 3 frontières (Mali, Niger, Burkina Faso).

Face à une situation sécuritaire dégradée et à une possible extension de la menace au-delà des pays du G5 Sahel, il s’agit de créer les conditions nécessaires aux actions de stabilisation et de développement.

Pilier 2 : renforcer les capacités des forces armées des États de la région

Dans le cadre du Partenariat pour la Sécurité et la Stabilité au Sahel (P3S), coordonné par l’Union européenne, il s’agit de renforcer les capacités de défense des pays du G5, par des offres de formation et d’équipements au profit des forces armées nationales. C’est notamment l’objectif de la mission de formation de l’Union européenne à laquelle la France et la Suède participent – EUTM Mali.

Pilier 3 : soutenir le retour de l’Etat et des administrations sur le territoire

Dans le cadre de l’effort d’identification des besoins prioritaires du Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel (P3S), ce pilier a pour objectif d’appuyer le redéploiement de l’Etat et le renforcement des capacités de sécurité intérieure et de justice, afin de consolider les efforts de stabilisation.

Pilier 4 : aider au développement

Pour répondre aux défis de l’emploi, la pauvreté, l’éducation, la santé, le développement des infrastructures des pays du G5 Sahel, l’action de l’Alliance Sahel investit dans des projets de développement (plus de 800 projets pour 11,7 milliards d’euros).

La mission de ce pilier contribue aussi au pilier 3 en appuyant le retour des services de l’État et la décentralisation par le renforcement des liens de confiance entre les autorités publiques et les populations.

3- Le sommet de N’Djamena définit le cadre d’un nouvel engagement collectif

Un après le sommet de Pau, la mobilisation régionale et internationale sans précédent a commencé à porter ses fruits sur le terrain.
Le sommet du G5 Sahel, organisé les 15 et 16 février à N’Djamena, avec les partenaires internationaux des Etats sahéliens, a permis donner un nouveau cadre à l’effort de long terme mené dans la région.
Pour le ministre français des Affaires étrangères, ce sommet était celui « du sursaut diplomatique, du sursaut politique et du sursaut du développement afin de consolider les résultats des derniers mois ».

La mise en place des autorités de transition maliennes ouvre une fenêtre d’opportunité pour effectuer de nouvelles percées militaires, civiles et politiques.

A l’occasion de ce sommet de Ndjamena, les chefs d’Etats ont décidé d’amplifier la dynamique de Pau en se fixant de nouveaux objectifs :

  • l’amplification de la dynamique miliaire, pour consolider les acquis obtenus dans la région des trois frontières et renforcer la pression militaire sur les terroristes ;
  • le déclenchement d’un sursaut civil, par le redéploiement de l’Etat et des services aux population (déploiement de forces de sécurité intérieures, de magistrats, réouverture des écoles) ;
  • l’amplification de la dynamique collective, avec la participation de nouveaux partenaires à la task force Tabuka et le réengagement des forces américaines, algériennes et marocaines.

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Modifié le 22/02/2021

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