Suède : Campagne Législatives 2010

• Libéraux

C’était au tout du chef du parti libéral, Jan Björklund, d’être hier l’invité de SVT 1 pour la grande interview du soir. « Björklund se sent à l’aise dans la controverse. Aussi n’a-t-il pas du tout été gêné par les questions des deux journalistes portant sur les prises de position « à part » du chef des Libéraux », écrit Svenska Dagbladet. « Il assume tout : sa volonté d’entreprendre dés maintenant la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, ou bien encore sa proposition d’interdire le port de la burqa dans les écoles ». Question du journaliste : « Vous ne pensez pas qu’en abordant de tels sujets vous risquez de faire le jeu de l’extrême-droite ? ». « Bien au contraire : c’est en ne disant rien sur ce type de question que l’on favorise le développement de l’extrémisme », estime le Ministre de l’éducation, dont les propos sont repris dans Dagens Nyheter.

« Jan Björklund est sans doute à bien des égard le "maverick" de la politique suédoise. Et ses opinions ne font pas l’unanimité tant au sein de ses partenaires de la coalition gouvernementale que parmi les électeurs. Exemple type : l’Euro : Jan Björklund souhaite qu’un référendum sur l’adoption de la monnaie unique ait lieu en 2013-2014, alors que toutes les enquêtes montrent que l’électorat ne veut majoritairement pas de l’euro. La baisse du parti libéral dans les sondages n’est sans doute pas due au hasard », écrit Aftonbladet. « A trop vouloir se distinguer, le parti devient de moins en moins libéral. Sous la direction de M. Björklund, les Libéraux ont délaissé les questions d’inspiration traditionnellement libérale (environnement, égalité, racisme), pour se durcir en parlant défense et politique d’intégration. Ne risquent-ils pas, à terme, d’égarer leurs électeurs ? », s’interroge pour sa part l’éditorialiste d’Expressen.

• Duel

Le premier duel de la campagne entre Mona Sahlin et Fredrick Reinfeldt a eu lieu vendredi sur les ondes de la radio publique. « Zéro partout la balle au centre », estime le commentateur de Svenska Dagbladet. « Aucun des deux leaders n’a véritablement pris l’avantage, chacun s’en tenant à ses prises de positions traditionnelles : emploi et baisse d’impôts à droite ; Etat providence et réduction des inégalités à gauche », « sans que toutefois les différences entre les deux apparaissent nettement », écrit l’analyste de Dagens Nyheter. Comme l’a ainsi relevé le Premier Ministre, en apostrophant son adversaire : « Ton discours très "lutte des classes" ne colle pas vraiment avec tes propositions. Car, finalement, toi aussi tu proposes des baisses d’impôt ». « Une remarque qui a provoqué l’irritation de Mona Sahlin, et animé un peu le débat », estime Expressen : « Mais arrête donc de me faire la leçon ! », lui a rétorqué son adversaire. « Je te rappelle que c’est le gouvernement dont je faisais partie à l’époque qui a permis le retour aux excédents budgétaires. En tous cas, moi, ce que je ne ferai jamais, c’est promettre des baisses d’impôts financées avec de l’argent emprunté ! »

« On a de plus en plus l’impression que les programmes des deux partis se ressemblent, à quelques différences de détail près », estime l’éditorialiste d’Aftonbladet. « Il est urgent, à 22 jours du scrutin, de faire ressortir les différences, sous peine d’inciter à l’abstention ou au vote en faveur des Sverige Demokraterna »

• Sondages

Une enquête publiée par SvD (réalisée auprès de 1 420 personnes entre le 23 et le 26 août) donne l’avantage à la droite : 50 % pour l’Alliance contre 43,3 % en faveur de la coalition rouge-verte, confirmant peu ou prou le précédent sondage du même institut. « Niveau historiquement bas pour la gauche », titre le quotidien : « Les scores additionnés de La Gauche (ex-communiste) et des Sociaux-démocrates est inférieur de 6 points à celui obtenu en 2006 ».

« Un revers qui s’explique par la présentation du projet de budget de la gauche au printemps. L’alliance PSD- La Gauche prive par ailleurs ce dernier de la place de « parti des mécontents » qu’il occupait jusqu’alors », explique le commentateur. « Autres explication : la baisse du nombre d’adhérents à LO, le puissant syndicat, traditionnel soutien et source de financement des Sociaux-démocrates », estime un éditorialiste dans le même quotidien. « Il semble que LO n’ait pas su se transformer, au contraire du tournant pris par certains autres syndicats, plus enclins désormais à défendre les intérêts de leurs adhérents qu’à mener un combat collectif. Même si l’individualisme croissant de la société ne transforme pas tous les Suédois en électeurs de droite, celle-ci profite incontestablement de cette tendance ».

Modifié le 30/08/2010

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