Suède : Campagne Législatives 2010-09-02

• Sondage

« Un nouveau sondage indique que 62,4 % des personnes interrogées croient en une victoire de la droite, tandis qu’à peine 19,3 % estiment encore possible une victoire de la coalition de gauche », signale Dagens Nyheter. « En 2006, une même enquête réalisée à peu près au même moment donnait les deux camps à égalité ». Plus surprenant selon le journaliste : « 43 % des sympathisants de gauche jugent la défaite inévitable. Ils ne sont que 38 % à croire en la victoire de leur propre camp. Il y a quatre ans, 63 % des sociaux-démocrates pensaient, dans un sondage du mois de septembre, la victoire possible ». « Un état d’esprit difficile à comprendre », estime un commentateur. « Certains électeurs de gauche semblent penser que la droite a le vent en poupe en ce moment, même si les sondages ne lui donne qu’un avantage très relatif ».

• Programme

L’Alliance propose une amélioration de la « prime à l’égalité » mise en place par l’actuel gouvernement : les parents qui choisissent de partager le congé parental percevront désormais une indemnité mensuelle (pouvant aller jusqu’à 13 500 SEK) dont les conditions d’obtention seront « facilitées ». Maud Olofsson, qui a présenté la mesure, a avoué que le système de primes, introduit en 2008, n’avait pas suffisamment bien marché jusqu’ici, d’où la nécessité de cette réforme.

« L’Alliance met en place une politique pour inciter les pères de famille à prendre plus de congés parentaux, tandis que les rouges-verts s’y refusent », commente Svenska Dagbladet, après que la gauche ait renoncé à inscrire dans son programme le partage obligatoire du congé parental. « Une mesure, qui on le sait, n’est pas très populaire auprès des familles. Difficile, par conséquent, de l’inscrire à son programme électoral au moment où les rouges-verts tentent de mobiliser leurs électeurs »

• Débat

Le débat télévisé d’hier entre Mona Sahlin et Fredrick Reinfeldt suscite peu d’échos dans la presse. « La discussion fut tendue, on a clairement vu qu’ils n’étaient pas du même avis », estime, dans Metro, une analyste d’Aftonbladet. « Mais je crois que Mona Sahlin s’est montrée plus incisive ».

« Quel est l’enjeu de ce scrutin ? Une nouvelle voie pour la Suède ? Pas vraiment, lorsque l’on se penche sur les programmes. Une transformation profonde de la fiscalité ? Non : les deux camps veulent diminuer les impôts. Alors quoi ? Ce qui motive les candidats, c’est tout simplement le désir de pouvoir. La droite souhaite le conserver, et la gauche veut mettre un terme à sa cure d’opposition. Jamais ce désir n’est apparu aussi clairement. La faute, peut être, à l’opposition frontale entre deux blocs. Avec, à la clef, un appauvrissement du débat : deux programmes au lieu de sept », estime l’éditorialiste d’Aftonbladet.

• Sociaux-démocrates

« Expressen s’interroge sur le devenir de Mona Sahlin en cas de défaite de la coalition rouge-verte le 19 septembre. « Beaucoup de poids lourds du parti jugent sa démission, ainsi que celle de ses proches conseillers, inévitable », croit savoir l’analyste. « Nombreux sont ceux qui n’hésiteront pas à la rendre responsable de la défaite ». « Sa volonté de construire une alliance avec la Gauche (ex-communiste) et la manière dont elle a géré cet attelage est contesté, la coopération avec Lars Ohly marquant par ailleurs le début des mauvais sondages ». On lui reproche en outre « son absence d’initiative : « Nous ne sommes pas parvenus à imposer nos propositions ni notre rythme à la campagne. Nous nous sommes contentés à chaque fois de réagir à ce que proposait l’Alliance », comment une personnalité sociale-démocrate.

• Sverige Demokraterna

La publicité télévisée est, cette année, autorisée dans le cadre de la campagne électorale. Plusieurs quotidiens reviennent sur le spot des Sverige Demokraterna (extrême-droite suédoise), que la chaîne privée TV4 a refusé de diffusé (Ndr : on y voit une personne âgée tenter d’atteindre un guichet, mais elle est devancée au dernier moment par un groupe de femmes en Burqa). « Le chef du parti, Jimmy Åkesson savait pertinemment le message qu’il souhaitait faire passer : montrer que les immigrés, notamment les Musulmans, constituent une menace », croit savoir Expressen. « Notre message est destiné à susciter la controverse », explique le dirigeant dans un mail que le quotidien a réussi à se procurer. « Que les partis de l’établissement nous tombent dessus à bras raccourcis, c’est très bien. Cela permet de susciter le débat et de faire parler de nos priorités ».

Modifié le 03/09/2010

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