Suède : Campagne électorale Législatives 2010

• A droite

Toute la presse rend compte du séminaire tenu, ce week-end, par le gouvernement à Harpsund, la résidence d’été du premier Ministre. « « Le Ministre des Finances en a profité pour donner quelques prévisions économiques plutôt réjouissantes : croissance de 4,5 % pour 2010 (au lieu des 3 points initialement prévus), exportations en hausse et chômage en baisse », indiquent Svenska Dagbladet et Dagens Industri. « Le gouvernement dispose d’une marge de manœuvre de 11 milliards de SEK pour mettre en place un ensemble de réformes en 2011. Des marges plus importantes, entre 30 et 40 milliards, pourront, le cas échéant, être dégagées à échéance 2014. Mais tout dépendra de la conjoncture économique internationale », estime Anders Borg qui invite à la « prudence » : « La reprise n’est pas certaine. Et les nouvelles en provenance d’Irlande ou de Grèce ne sont pas très bonnes. « Aussi le Ministre souhaite-t-il faire passer l’excédent budgétaire annuel de 1 % actuellement à 2 % du PNB », écrit Dagens Industri.

« Une attitude sage », estime un commentateur dans le même quotidien. « Mais qui ne laisse plus à la droite beaucoup de marge de manœuvre pour 2011 : sur les 11 milliards, l’Alliance en a déjà engagé 8 ». « Les priorités de la droite sont claires : elle veut mettre de l’argent de côté, puis poursuivre la baisse des impôts que paieront les malades et les chômeurs, dont les prestations ne cessent de diminuer. Sans compter le nombre d’employés dans les secteur de l’éducation et de la santé qui diminue : - 24 000 rien que pour 2009 », estime Aftonbladet.

• A gauche

Mona Sahlin a promis un milliard de couronnes aux Conseils Généraux (Landsting). Le budget de celui de Stockholm s’élève à 70 milliards SEK par an. La leader social démocrate a également annoncé un autre milliard de couronnes pour les écoles maternelles et pour les crèches de nuit (destinées aux enfants dont les parents travaillent en décalé). Selon la député social démocrate Veronica Parlm, mère de trois enfants, « L’Etat providence doit passer avant les baisses d’impôts ».

• Sondages

Nouveau sondage SIFO (réalisé entre le et le août auprès de 1500 personnes) donnant un net avantage à la majorité sortante : 51,5 % contre 43,9 pour la coalition de gauche. « Une hausse due en grande part à un déplacement du vote féminin en faveur de la droite », estime le commentateur de Svenska Dagbladet », « et à un moindre soutien en faveur des Verts de la part de l’électorat urbain ». A noter le recul des Sverige Demokraterna (extrême-droite suédoise, à 3,5 %) et les gains enregistrés par l’ensemble des « petits » partis au sein des deux coalitions (tous franchiraient désormais la barre des 4 % nécessaire pour obtenir des élus).

« Une semaine électorale cauchemardesque pour Mona Sahlin », écrit pour sa part Aftonbladet en commentant les résultats d’une enquête, publiée par Dagens Industri, sur la côte de confiance des principales personnalités politiques : « Reinfeldt : 63 % ; Sahlin : 18 % », titre le quotidien des milieux économiques. « Jamais l’écart entre les deux leaders n’a été aussi grand ». « Pour l’instant, tout va de travers », estime l’éditorialiste d’Aftonbladet, qui cite, pêle-mêle, « les candidats sociaux-démocrates accusés d’avoir eu recours aux services d’une prostituée, et certaines propositions de campagne (notamment celles des SD de Stockholm, proposant la création d’emplois de valets dans le métro) particulièrement ridicules ».

« 42,8 % des Suédois souhaiteraient », selon une autre enquête, « conserver Anders Borg au poste de Ministre des Finances, tandis que 19 % voudraient y voir le social-démocrate Thomas Östros », indique Aftonbladet. « La côte de confiance du Ministre des Finances est en hausse, y compris au sein de l’électorat vert et social-démocrate, dont respectivement 45 et 53 % des sympathisants donne une bonne note à son action ». « Des chiffres particulièrement réjouissants », estime le Ministre. « Nous nous sommes bien débrouillés pendant la crise économique et nous ne souhaitons pas prendre de risques inconsidérés susceptibles de mettre en danger l’économie suédoise ». « Etre Ministre des Finances donne automatiquement une prime au respect. Ces chiffres ne me préoccupent pas plus que ça », déclare Thomas Östros.

Modifié le 23/08/2010

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